« Nos managers sont bons, mais ils plafonnent. » « Un de nos hauts potentiels ne répond plus. » « Deux directeurs sont partis cette année et personne ne l'avait vu venir. » Ce sont des phrases typiques qu'un DRH ou un dirigeant peut prononcer lors d'un premier échange avec un coach. Derrière, une même question : comment accompagner ces personnes clés avant qu'il ne soit trop tard ?
J'ai occupé pendant vingt ans des postes de direction dans le commerce, au sein du groupe Norauto (Mobivia), dont six ans comme directeur général de Norauto Russie. Je suis coach professionnel depuis 2018, certifié ICF PCC. Je regarde donc ces situations des deux côtés : celui du manager et celui de l'entreprise.
L'essentiel
- Un coaching individuel en entreprise repose sur un cadre à trois : la personne coachée, son manager ou la RH, et le coach. Les objectifs sont partagés, le contenu des séances reste confidentiel.
- Développer le leadership des managers passe d'abord par leur posture (écouter, responsabiliser, décider), travaillée sur leurs situations réelles.
- Un manager en difficulté est souvent aussi le symptôme d'un système : l'accompagner, c'est regarder la personne et ce qui l'entoure.
- Un haut potentiel qui décroche envoie un signal. Un tiers neutre l'aide à le formuler avant que la décision de partir ne soit prise.
- Le turnover des cadres dirigeants se traite par plusieurs leviers combinés : lecture des départs, accompagnement des moments à risque, qualité du collectif de direction.
Coaching individuel en entreprise : comment ça marche ?
Un coaching individuel en entreprise est un accompagnement de plusieurs mois, encadré par un contrat à trois : la personne coachée, son manager ou la RH qui en est à l'origine, et le coach. Les objectifs sont définis et partagés entre les trois parties, tandis que le contenu des séances reste strictement confidentiel entre le coaché et le coach.
La rencontre tripartite de lancement
Tout commence par un échange à trois : le coaché, son responsable hiérarchique (le N+1) et le coach, parfois avec un représentant RH. Le but est d'ouvrir un dialogue constructif entre le manager et son collaborateur, et de faire émerger une demande que chacun peut assumer publiquement. Une demande floue du type « il faut qu'il prenne plus de hauteur » devient ainsi un ou deux objectifs clairs, compris et acceptés par tous.
La confidentialité : ce que l'entreprise sait, et ce qu'elle ne sait pas
L'entreprise connaît l'intention du coaching, ses enjeux, ses objectifs et les critères qui permettront de dire qu'il a porté ses fruits. Elle ne connaît pas ce qui se dit en séance. Aucune information ne remonte sans l'accord explicite du coaché, et le bilan final se construit avec lui, en sa présence. C'est d'ailleurs une exigence du code de déontologie de l'ICF, auquel je suis tenu. Sans cette garantie, la personne ne parle pas librement, et le coaching devient une évaluation déguisée qui ne sert à personne.
Des objectifs observables
Un bon objectif se voit sur le terrain : déléguer sans reprendre le dossier, conduire une réunion qui aboutit à une décision, oser un désaccord avec sa hiérarchie. On convient dès le départ de la façon dont chacun saura que cela progresse. Le contrat n'est pas figé : on le relit à mi-parcours et on l'ajuste si la situation a changé.
Durée et rythme
Un parcours compte en général 6 à 12 séances d'environ 1h30 à 2h, étalées sur plusieurs mois, en présentiel à Paris ou en visio partout en France. Entre deux séances, la personne expérimente sur ses situations réelles. Côté budget, tout dépend du nombre de séances : le détail est sur ma page tarif d'un coaching de dirigeant.
Enfin, le coach tient le cadre, pas le contenu : la personne reste l'experte de sa situation et de ses solutions (voir la différence entre coach, consultant et formateur).
Comment développer le leadership de nos managers et dirigeants ?
En travaillant leur posture plutôt qu'en empilant les outils. Un manager progresse quand il apprend à écouter vraiment, à responsabiliser son équipe et à tenir ses décisions, et cela se travaille dans l'action, sur ses situations réelles, bien plus qu'en salle.
Ce qui manque le plus souvent aux managers, ce ne sont pas les méthodes, mais un espace pour regarder comment ils agissent quand la pression monte, et choisir d'agir autrement. Je vois trois leviers complémentaires.
1. Le coaching individuel aux moments charnières
Prise de poste, élargissement de périmètre, entrée au comité de direction : c'est là qu'un accompagnement individuel a le plus d'effet, parce que la personne doit inventer une nouvelle façon de travailler. Voir l'article sur la prise de poste d'un dirigeant ou d'un membre de CODIR.
2. Le coaching d'équipe quand le sujet est collectif
Si le problème tient à la façon dont une équipe de direction décide, coopère ou se parle, coacher ses membres un par un ne suffit pas. Il faut travailler avec le collectif lui-même : c'est l'objet du coaching de CODIR.
3. Les groupes entre pairs
Les groupes de co-développement réunissent quelques managers qui, à tour de rôle, exposent une situation réelle et s'aident à la réfléchir. Au fil des séances, chacun apprend à accompagner plutôt qu'à décider à la place des autres, et transpose peu à peu cette posture auprès de ses propres équipes.
Le fil rouge de ces trois leviers, c'est la posture de manager coach : poser une question avant de donner une réponse, faire confiance aux ressources de ses collaborateurs, sans pour autant renoncer à trancher quand c'est son rôle. Chaque dirigeant y construit un style qui lui ressemble, à partir de ses talents et de ses zones de progrès, plutôt qu'en copiant un modèle. Je le dis d'autant plus volontiers que j'ai moi-même été coaché lorsque j'étais directeur général en Russie : c'est cette expérience qui a déclenché ma reconversion.
Comment accompagner un manager en difficulté ?
D'abord en comprenant la nature de la difficulté avant de chercher à la corriger : manque de préparation au rôle, énergie à plat, relation abîmée ou contexte intenable. Ensuite en offrant au manager un espace confidentiel où il peut dire ce qui ne va pas sans être jugé, dans un cadre clairement posé avec sa hiérarchie.
Le meilleur expert devenu manager
Situation fréquente : on a promu le meilleur technicien, le meilleur commercial, pour récompenser son excellence individuelle. Mais manager est un autre métier. La personne n'est pas « mauvaise », elle n'a simplement pas été préparée. Le coaching l'aide à passer de « faire » à « faire faire » et à trouver sa légitimité autrement que par l'expertise.
Regarder aussi le système
Une difficulté individuelle est parfois le symptôme d'un dysfonctionnement collectif : charge chronique, injonctions contradictoires, périmètre flou, conflit non traité au-dessus. Accompagner la personne sans regarder ce qui l'entoure, c'est risquer d'en faire un bouc émissaire. Je propose plutôt de raisonner en coresponsabilité : au lieu de chercher un coupable, chacun (le manager, son N+1, la RH) se demande quelle réponse il peut apporter.
Vérifier l'énergie avant la performance
Un manager épuisé ne progresse pas. Je regarde avec lui ses ressources sur trois plans (physique, émotionnel, mental) : parfois, la première étape est de recharger. Voir aussi l'article sur la solitude, le burn-out et le syndrome de l'imposteur.
Comment accompagner un cadre à haut potentiel qui décroche ?
En allant vers lui avant qu'il n'ait décidé de partir, et en l'aidant à mettre des mots sur ce qui s'est éteint : le sens, la reconnaissance, la perspective ou la relation avec sa hiérarchie. Un coaching lui offre un tiers neutre, en dehors de la ligne hiérarchique, pour faire ce point sans risque pour sa carrière.
Les signes sont discrets : moins d'initiatives, une présence minimale, une pointe de cynisme. Le désengagement est rarement de la paresse. C'est souvent une stratégie de protection, adoptée quand on pense ne plus avoir le choix qu'entre se soumettre et se battre. À terme, cette stratégie coûte à tout le monde : à la personne comme à l'entreprise. Le travail de coaching consiste à chercher une troisième voie.
Quelques pistes que j'explore avec un haut potentiel qui décroche :
- Le sens : quand le court terme devient une fin en soi, on perd le recul et l'envie.
- La reconnaissance : être reconnu pour ses résultats n'est pas la même chose qu'être reconnu pour ce qu'on est et ce qu'on apporte.
- La perspective : un plafond perçu ou une promesse d'évolution restée floue.
- La relation à l'autorité : quand le même conflit se reproduit avec chaque nouveau patron, il vaut la peine de regarder, avec l'accord de la personne, ce qui se rejoue.
L'issue n'est pas écrite d'avance, et il faut l'accepter dès la tripartite : parfois le coaching ravive l'engagement, parfois il clarifie qu'un départ préparé vaut mieux qu'une démission subie. Et le coaching ne dispense pas le manager de la conversation de fond avec son collaborateur : il la rend plus facile.
Turnover et désengagement de nos cadres dirigeants : quelles solutions ?
Il n'existe pas de solution unique, mais des leviers qui se combinent : lire les départs comme des signaux sur le système, accompagner les cadres clés aux moments où ils sont le plus exposés, et travailler la qualité du collectif de direction. À mon sens, la rémunération seule ne retient pas durablement quelqu'un qui ne trouve plus de sens à son rôle.
- Lire le turnover comme un signal. Quand plusieurs départs se suivent dans une même équipe, la question n'est plus seulement individuelle. Des entretiens de départ approfondis, lus honnêtement, sont précieux.
- Sécuriser les moments à risque. Prise de poste, réorganisation, rapprochement de deux entités, retour d'expatriation : un cadre dirigeant peut y décrocher sans bruit. C'est là qu'un accompagnement ciblé est le plus utile.
- Soigner le collectif de direction. On quitte souvent une équipe autant qu'une entreprise. Silos, non-dits, décisions qui ne tiennent pas usent les meilleurs. Voir l'article sur le CODIR bloqué par les silos et les conflits.
- Faire des managers les premiers acteurs de la rétention. La reconnaissance au quotidien et les vraies conversations de carrière relèvent d'abord du N+1, pas de la RH seule.
- Passer du cas par cas au dispositif. Si les besoins se multiplient, un cadre commun (accès, choix des coachs, supervision, reporting) devient nécessaire : je détaille cette démarche dans l'article sur le déploiement d'un dispositif de coaching dans un groupe.
Pour mettre en regard le coût d'un accompagnement et celui d'un départ, vous pouvez consulter mon article sur le retour sur investissement du coaching de dirigeant.
Comment je travaille avec les entreprises
Tout commence par un rendez-vous exploratoire sans engagement avec la RH ou le dirigeant à l'origine de la demande, puis par une rencontre avec la personne concernée pour vérifier son adhésion. J'interviens en français, à Paris et partout en France, en présentiel ou en visio. Pour en savoir plus : mon accompagnement des dirigeants et coach de dirigeants à Paris.
Un manager ou un talent à accompagner ?
Parlons de la situation en toute confidentialité, lors d'un premier rendez-vous exploratoire sans engagement. Nous verrons ensemble si un coaching est la bonne réponse, et sous quelle forme.
Réserver un créneauQuestions fréquentes
Le manager ou la RH peut-il savoir ce qui se dit en séance ?
Non. L'entreprise connaît l'intention, les objectifs et les critères de réussite fixés lors de la rencontre tripartite, mais pas le contenu des séances. Aucune information ne lui est transmise sans l'accord explicite de la personne coachée, et le bilan se construit avec elle, en sa présence.
Combien de temps dure un coaching individuel en entreprise ?
En général 6 à 12 séances d'environ 1h30 à 2h, étalées sur plusieurs mois. Le parcours commence par une rencontre tripartite, fait l'objet d'un point à mi-parcours et se termine par un bilan partagé.
Combien coûte un coaching individuel pour un manager ou un dirigeant ?
Le budget d'un parcours individuel dépend du nombre de séances et des enjeux ; mes tarifs sont publiés en toute transparence. Le devis découle toujours du cadrage réalisé avec l'entreprise et la personne accompagnée.
Peut-on proposer un coaching à un manager qui ne l'a pas demandé ?
Oui, à condition qu'il y adhère. Un coaching imposé ne fonctionne pas. Le premier échange avec le coach sert à vérifier cette adhésion, et la personne reste libre de dire non.
Quelle différence entre un coaching et une formation au management ?
La formation transmet des méthodes communes à un groupe. Le coaching part des situations réelles d'une personne et l'aide à trouver ses propres réponses. Les deux se complètent.
Que se passe-t-il si le courant ne passe pas avec le coach ?
Chaque partie peut mettre fin à l'accompagnement. C'est pour cela que le rendez-vous exploratoire est essentiel : il permet de vérifier que la relation de confiance peut s'installer avant de s'engager.